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Semaine québécoise de réduction des déchets : nos experts se prêtent au jeu des questions!

Nous sommes au coeur de la Semaine québécoise de réduction des déchets, qui se déroule du 19 au 25 octobre 2026 sous le thème «Je réduis donc je suis».

Pour l’occasion, nous avons interpellé nos chargés de projet en gestion des matières résiduelles, Christian DesAlliers et Audrey Lefebvre, pour découvrir leur regard sur la réduction à la source, les défis de leur domaine et les changements qu’ils aimeraient voir dans notre façon de consommer.

1. On parle beaucoup de recyclage et de compostage. Mais pourquoi est-ce encore mieux de réduire nos déchets à la source?

Christian : La matière la plus facile à gérer est celle que l’on ne produit pas. Les services municipaux pour le recyclage et le compostage aident beaucoup à réduire les déchets, mais ils nécessitent quand même beaucoup de ressources, de temps et d’argent pour les ramasser, les transformer et les remettre sur le marché. La question à se poser lorsqu’il vient le temps d’acheter quelque chose : en ai-je vraiment besoin?

Audrey : Tout ce que tu réduis à la source, tu ne le génères pas dans tes bacs (noir, bleu, compost…), tu diminues la facture municipale en termes de collecte,de transport, detraitement… ainsi que les GES. En bout de ligne, tout le monde est gagnant!

 

2. Quel objet ou emballage du quotidien vous fait parfois penser : « On pourrait tellement s’en passer! »

Christian : Les pailles, qu’elles soient en plastique ou « écolos ». C’est tellement facile de boire directement dans un verre.

Audrey : Tous les sachets de collation pour enfant. Vive le vrac, on a tous l’armoire pleine de Tupperware pour les tout-petits le matin pour leur boîte à lunch!

 

3. Même avec les meilleures intentions, est-ce qu’il y a des déchets qu’on a bien du mal à éviter?

Christian : Je crois que ce sont les déchets liés à la santé et à l’hygiène qui sont les plus difficiles à éviter. Beaucoup de produits de santé sont à usage unique, surtout dans les hôpitaux. À la maison, nous consommons beaucoup pour nettoyer et désinfecter. Saviez-vous que le vinaigre, le citron et le bicarbonate de soude peuvent remplacer plusieurs produits de nettoyage, en plus d’être des ingrédients de l’une de vos recettes préférées?

Audrey : Il y encore les styromousses de protection ou d’emballage et les tampons absorbants dans les paquets de viande qui ne vont pas dans le bac bleu ou le compost. Mais avec la modernisation de la collecte sélective, il y a tellement plus grand-chose qui va aux poubelles!

 

4. On demande souvent aux citoyens de faire leur part. Mais qu’est-ce qui, dans un monde idéal, pourrait changer du côté des commerces ou des fabricants pour nous aider à produire moins de déchets?

Christian : La quête de la perfection et de l’abondance fait en sorte que des produits « imparfaits », comme une carotte à deux pattes, et les invendus, comme le linge en fin de saison, sont souvent jetés. Dans un monde idéal, il y aurait un marché à rabais pour tous ces produits. Tout le monde serait gagnant!

Audrey : Réduire leurs emballages, faire plus d’éco-conception, être aidé au niveau de la circularité des matières (économie circulaire), avoir plus d’outils et de ressources pour gérer leurs matières résiduelles, etc.

 

5. Si vous aviez une baguette magique pour changer une chose, ce serait quoi?

Christian : J’aimerais qu’un jour, aucune matière ou produit encore fonctionnel ou utilisable, ou pouvant être réparé, ne se retrouve aux déchets. J’ai tellement vu de belles et bonnes choses être jetées simplement parce que les personnes n’en avaient plus besoin. C’est pour ça que nous allons mettre en place un dôme de réemploi à notre écocentre situé à Sainte-Marie.

Audrey : Revenir au début de l’ère industrielle avec toutes les connaissances en gestion des matières résiduelles qu’on possède!

 

6. Et finalement, dans votre travail en gestion des matières résiduelles, qu’est-ce qui vous surprend encore aujourd’hui?

Christian : Il y a plusieurs exemples de bonne gestion des matières résiduelles dans le monde et ça fonctionne! Pourquoi est-ce parfois si difficile de les mettre en place au Québec?

Audrey : Le coût réel des matières résiduelles, souvent moins visible que le simple fait de remplir un bac ou un conteneur.

 

Entre les coûts de traitement, nos habitudes de consommation et la recherche de nouvelles solutions, les défis ne manquent pas en gestion des matières résiduelles! Merci à Audrey et Christian de nous avoir partagé leurs réflexions et leurs idées!